Démarche conjointe avec FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT

Démarche conjointe avec “FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT”.

Madame, Monsieur,
Chers amis, membre de l’association,
Christine Nedelec, Présidente de “France Nature Environnement”, a proposé de nous associer à la publication d’un communiqué en vue du prochain Conseil de Paris du 11 juin, afin de dénoncer la politique urbanistique de la Ville de Paris en termes d’espaces verts.

Ce texte évoque notamment le caractère “ridicule” de “l’espace public paysagé” du projet Saint-Vincent-de-Paul (seulement 4000 m2), pour une emprise totale de 3,5 hectares, soit 11%, alors que les textes réglementaires conduiraient normalement à en réaliser 3 fois plus, aux dépens, le cas échéant, de la bétonisation !

Nous avons bien entendu accepté de nous associer à cette démarche et nous tenions à vous en informer.

Vous trouverez ci-après le texte intégral de ce communiqué.

Nous vous rappelons la réunion de ce soir à 19 h organisée par la Mairie du 14ème arr. sur le projet Saint-Vincent-de-Paul (salle annexe, 10 rue Pierre Castagnou), et, bien entendu, notre fête des riverains de vendredi 7 prochain, devant la Fondation Cartier, à partir de 18h30.

A très bientôt donc, j’espère,

Bien cordialement,

Nicolas Gusdorf
Président


 

COMMUNIQUE
Le jardin Trocadero – tour Eiffel ne doit pas servir de masque à la bétonisation de Paris.

La Ville de Paris vient de rendre public le projet retenu de la paysagiste Kathryn Gustafson à l’issue d’une discrète consultation de quatre équipes pour la requalification du site du Trocadéro et du Champs de Mars. L’enjeu est important, il s’agit d’un des principaux sites touristiques de la capitale ouvrant sur une perspective ‘’historique’’ majeure, mettant en scène la colline de Chaillot, les bords de Seine, la Tour Eiffel et le Champs de Mars, soit près de 50 hectares.
Le projet lauréat affiche sa facture classique tout en souhaitant “faire événement” en verdissant le pont d’Iéna, sans l’inscrire dans le grand paysage dessiné par la Seine. Il propose un imposant ensemble quasi piétonnier. Des moyens importants, près de 78M d’€ financés en grande partie par la redevance de la Tour Eiffel peut-on lire sur le site de la Ville, seront consacrés aux travaux qui devraient s’achever pour les J.O de 2024 et léguer à Paris, outre des jardins et espaces publics rénovés, deux hectares supplémentaires d’espaces verts.
Voilà bien longtemps que la Ville n’avait pas manifesté une telle ambition paysagère ! On aurait presque envie de dire bravo ! Une concertation publique sera menée entre le 5 juin et le 15 juillet.
Malgré de beaux discours sur l’écologie, les grands projets actuels d’urbanisme parisiens préfèrent verdir les constructions avec ‘’un arbre à chaque étage’’ plutôt que des ‘’arbres en pleine terre’’ ou des jardins publics ou privés. Comme l’illustre à grands renforts de communication le projet ‘’ Mille arbres ‘’ de la porte Maillot, la végétalisation de l’architecture, justifiant l’augmentation des emprises constructibles au sol, serait censée remplacer la pleine terre, ses substrats fertiles, sa flore et sa faune. Promoteurs et investisseurs, confortés par ce nouveau rituel architectural, ont bien su saisir le message.
Rappelons pour mémoire les timides 2,5 hectares de jardins prévus pour le projet de quartier de grande hauteur de Bercy Charenton de 52 hectares (soit 5% ), les ridicules 4000 m2 ‘’d’espaces publics paysagés’’ de la ZAC Saint-Vincent-de-Paul de 3,5 hectares ( 11 % ), les ‘’pockets-gardens’’ du quartier de tours de Massena Bruneseau, la timide tranche de 5,6 hectares de jardins publics de Chapelle Charbon, seul nouveau grand jardin de la ZAC Paris Nord Est de 200 hectares soit 5 % au total, le grignotage systématique des talus du boulevard périphérique par des constructions exposées à la pollution, la construction étendue sur un quart du jardin de la Cité Universitaire Internationale le long du Bd Périphérique, sans compter, fait très inquiétant, la diminution importante de surface en pleine terre de tous les nouveaux permis de construire accordés depuis la modification du PLU de 2016 qui fait encourir, si on ne change pas rapidement le règlement, l’imperméabilisation progressive du sol d’une ville déjà trop densément construite.
Il aura fallu les J.O. et les projecteurs du monde entier rivés sur Paris pour que Ville et État s’occupent du Champs de Mars. On a évité de peu les ponts habités sur la Seine mais d’autres mauvaises surprises peuvent réveiller l’opinion : le projet de transformation radicale de l’Ile de la Cité confié il y a quatre ans à Dominique Perrault par François Hollande pourrait ressortir des cartons. Réactivé par le drame de l’incendie de Notre Dame, ce projet nous fait craindre le pire : une Ile vidée de toute vie citadine et offerte à l’investissement d’un tourisme événementiel et commercial de masse au centre de Paris.

L’ambition environnementale annoncée pour le site de la Tour Eiffel, ne doit pas faire oublier l’essentiel : les associations de citoyens et les experts rappellent à la Ville de Paris son devoir d’exemplarité en matière d’espaces verts et d’écologie. Il commence par l’abrogation de l’actuel PLU comme les associations le demandent, le maintien des espaces de pleine terre partout où ils existent et suppose d’en revenir sinon aux principes de 30% d’espaces verts pour chaque opération urbaine des années 80-90, du moins au seuil de l’OMS de surfaces d’espaces verts de 10m2/habitant. Ce minimum nécessaire à la santé est loin des 5,6 en moyenne à Paris, et descend à moins d’un mètre carré dans certains quartiers : il ne suffira pas à rattraper le retard de Paris face aux autres mégapoles.

 

Le jardin Trocadero – Eiffel est bienvenu mais aujourd’hui l’urgence est à un autre aménagement pour Paris avec plus de jardins, plus de nature partout et moins de béton.

 

Experts et associations signataires… à voir

Thierry Paquot, …

FNE Paris, La Seine n’est pas à vendre, …,

A venir … Amis de la Terre Paris, Alternatiba, SOS Paris, Respiration Paris 15, Les Amis de Bercy Charenton, Association Netter-Debergue, Lachaise en action, ARBEELV, Ilot Navarre, entre autres pour commencer

Bien à vous tous

Christine Nedelec
Présidente de France Nature Environnement Paris